L’AMAS ARDENT de Yamen Manai aux éditions Elyzad

Aux abords de Nawa, village de l’arrière-pays, le Don, apiculteur, mène une vie d’ascète auprès de ses abeilles, à l’écart de l’actualité. Pourtant, lorsqu’il découvre les corps mutilés de ses « filles », il doit se rendre à l’évidence : la marche du monde l’a rattrapé, le mettant face à un redoutable adversaire. Pour sauver ce qu’il a de plus cher, il lui faudra conduire son enquête dans une contrée quelque peu chamboulée par sa toute récente révolution, et aller chercher la lueur au loin, jusqu’au pays du Soleil-Levant.

En véritable conteur, Yamen Manai dresse avec vivacité et humour le portrait aigre-doux d’une Tunisie vibrionnante, où les fanatiques de Dieu ne sont pas à l’abri de Sa foudre. Une fable moderne des plus savoureuses.

Un grand coup de coeur pour ce roman qui m’a permis de découvrir le talentueux Yamen Manai et les 2ditions Elyzad. Une mention particulière pour leur collection poche dont les couvertures sont toujours très belles.

A lire également :

 

La marche de l’incertitude

Comment le hasard a-t-il choisi l’univers rigoureux des mathématiques pour réunir ceux qu’il a séparés onze ans auparavant à cause d’un uf ? Comment un ouvrier sourd a-t-il fait pour aider une mère à retrouver son enfant qu elle pensait perdu à jamais ? Et qu’est venu faire ce chat de Sidi Bou dans tout ça ? Dans son premier roman, Yamen Manai mêle ce qu’on est spontanément tenté de séparer : science et folklore, rêve et réalité, Nord et Sud… Dans ce monde aussi riche en paramètres qu’en particules qui le composent, peu importe l’univers dans lequel on avance, notre marche est toujours celle de l’incertitude.

Des nouvelles en apparence qui en fin de compte sont toutes liées pour nous conter une seule et même histoire. Fabuleux.

 

 

 

 

La sérénade d’Ibrahim Santos

Dans la bonne ville de Santa Clara, celle qui produit le meilleur rhum du pays, personne n’est au courant de la révolution que le dictateur Alvaro Benitez a menée il y a une vingtaine d’années. Les habitants vivent et cultivent au gré des sérénades d’Ibrahim Santos, musicien météorologue. Alors forcément, l’intrusion des troupes armées révolutionnaires, et plus encore, l’arrivée d’un jeune ingénieur agronome brillantissime, vont quelque peu bousculer les habitudes…

Sur le mode du conte, avec une pincée de réalisme magique, Yamen Manai moque ici les prouesses de nos avancées technologiques et parodie allègrement ces dictatures modernes qui souvent perdurent.